Le Groupe LAUAK signe avec Dassault : 40 emplois créés à la clé

Michel Lapeyre, préparateur méthode, et Olivier Ballèvre, directeur logistique : deux des nouveaux embauchés aux côtés de Mikel Charritton, directeur général de Lauak. (photo J.-D. Chopin)

Lauak fait décoller l’emploi à Hasparren

Cette entreprise familiale est dans le Top 20 des fournisseurs d’Airbus. Elle suit la cadence du géant mondial, se développe à grands pas et recrute à tour de bras.

Michel Lapeyre a bien envoyé 70 curriculum vitae lorsque l’entreprise landaise qui l’embauchait a baissé le rideau, mi-2011. BTS mécanique et formation de monteur de cellule d’avion en poche, il s’est retrouvé sur le marché à un mauvais moment. « J’ai tout envisagé, quitter la région, monter mon activité », se souvient-il. Mais ce Bayonnais a longtemps fait du vélo dans l’intérieur du Pays basque. Il est souvent passé à Ayherre, près d’Hasparren. Il a vu l’usine de Jean-marc Charritton grandir. Il tente sa chance. Enchaîne plusieurs missions d’interim avant d’être recruté, le 1er janvier dernier, comme préparateur méthode. « Ici, on est serein, on ne cogite pas sur son avenir professionnel. » À 43 ans, ce père de famille sait qu’il est chanceux.

90 recrutements en 4 mois

Il n’est pas le seul. Depuis quatre mois, Lauak a recruté 90 salariés supplémentaires, parfois en intérim, parfois directement. Depuis sa création en 1975 par Jean-Marc Charritton, un ouvrier chaudronnier, l’entreprise est devenue, à force de travail, un des 20 fournisseurs de référence d’Airbus.

Elle conçoit, fabrique et assemble des produits de haute technicité pour l’aéronautique, des pièces et sous-ensembles mécaniques que l’on retrouve dans les cockpits, les réservoirs ou sur les ailes des avions Airbus, Dassault, ou chez leurs principaux fournisseurs (Latécoère, Ratier, Liebherr…).

« Nous travaillons sur tous les programmes phares désormais, l’A380, l’A320 et son successeur l’A320neo, l’A350 », explique Mikel Charritton, directeur général du groupe. Dopé par les marchés arabes et asiatiques, l’avionneur européen adopte des cadences olympiques. Lauak suit. Double son chiffre d’affaires – aujourd’hui à 62 millions d’euros. Et crée plus de 130 emplois locaux en trois ans. Quelques cadres, mais surtout des soudeurs, des usineurs, des ajusteurs monteurs ou des chaudronniers. « On a du mal à les trouver, car l’industrie a une mauvaise image. Alors, nous formons nous-même des carrossiers,d es serruriers, avec nos tuteurs en interne. » Du solide. Car les Charritton ont trop de bon sens pour mettre tous les œufs dans le même panier. En 2003 est créée une unité de production à Setubal, au Portugal, où mes coûts de main-d’oeuvre sont inférieurs de 30%. Son développement n’a pas nui à l’usine française. En 2010 et en 2012, Lauak rachète Equip’Aéro Production, à L’Isle-Jourdain (Gers), et Top Micron, à Villemur-sur-Tarn (Haute-Garonne), deux PME spécialisées dans l’usinage (leurs effectifs ont triplé en trois ans) qui le rapprochent encore un peu plus d’Airbus. Mais il faut cofinancier les développements. « C’est ce qu’on appelle le « risk sharing », ou risque partagé », explique Mikel Charritton. Quand les avions se vendent, c’est bingo pour l’entreprise, qui a aujourd’hui presque une décennie de visibilité. Elle emploi 690 salariés.

Les Charritton ne gaspillent pas l’argent gagné (6 à 8% de résultat net en moyenne). 15% sont reversés en participation et intéressement aux salariés qui ont perçu 1,2 mois fin avril ; le reste est mis en réserve ou réinvesti. Depuis 1975.

Premier stage chez Dassault

Les patrons et les actionnaires ne font qu’un. « La rapidité de réaction, c’est ce qui me séduit le plus dans ce groupe », explique Olivier Ballèvre, le directeur de la supply chain (la logistique). Ce Lorrain, diplômé de l’Ecole nationale des ingénieurs de Metz, a épousé une Bordelaise, s’est mis à la pala et ne regrette pas le groupe mondiale de robinetterie dans lequel il a longtemps travaillé.  À 46 ans, il a changé d’entreprise il y a quelques mois, confiant dans la trajectoire de Lauak, qui est en prospection avancée chez Boeing à Seatlle et toujours en affaires avec Dassault, son client historique, l’entreprise où Jean-marc Charritton a fait son premier stage de chaudronnier. L’avionneur vient de lui sous-traiter un tronçon entier du Falcon, celui qui fait la jonction avec les ailes. Huit personnes sont déjà en formation à l’usine de Biarritz.

Sud-ouest, le 3 Mai 2013