L’industriel basque Lauak se met à l’internet des objets avec 14 000 capteurs

ORGANISATION INDUSTRIELLE 

En déployant des capteurs Ineo-Sense sur ses 14 000 boites de transport de pièces, Lauak, sous-traitant d’Airbus, Daher ou encore Dassault, signe la plus grosse installation de capteurs LoRa en intérieur. Il met surtout en place sa stratégie « Lauak 4.0 » de numérisation de ses procédés.

Sur l’immense plateau de l’usine de Lauak, à Ahyerre (Pyrénées-Atlantiques), les opérateurs façonnent les pièces à la main. Des formes complexes, en aluminium ou en titane – qui seront intégrées dans les avions d’Airbus ou Dassault – leur arrivent après avoir été usinées, découpées ou pressées. Ce mouvement perpétuel d’ordres de fabrique, de références et de caisses, est en train de vivre une petite révolution : 14 000 capteurs LoRa, fournis par la start-up française Ineo-Sense, viennent numériser la logistique et équiperont à la mi-septembre toutes les caisses de transport.

« Notre flux de pièces est très divers, avec des variations importantes dans la demande et un ordre de priorité qui change rapidement, constate Cédric Lynam, le responsable transofmration digitale de l’entreprise familiale basque. La solution d’Ineo-Sense nous permet de localiser en temps réel les ordres de fabrication, donc d’avoir un stock et un temps d’utilisation précis et immédiat des caisses. » Les capteurs sont fixés à une boîte de transport de lots de pièces. « La caisse est apparirée à un ordre de fabrication et nous la retrouvons facilement en la faisant clignoter », précise le responsable. C’est la première fois qu’une entreprise installe autant de capteurs LoRa en intérieur. « L’internet des objets est à la base d’une chaîne de création de valeur », observe Olivier Guilbaud, le fondateur d’Ineo-Sense. La solution qu’il commercialise, fondée sur le réseau LoRa, permet de communiquer à tout moment avec les capteurs sans perdre en autonomie d’énergie. Chose impossible auparavant. « Nous avons cherché pendant trois ans une technologie qui nous correspondait, se souvient Cédric Lynam. Proposer une durée de vie de huit ans, en plus de la communication en temps réel, a été décisif pour notre choix. »

D’après le responsable de la transformation digitale, les possibilités sont bien plus élevées que la seule gestion de stock. « Nous avons voulu rester pragmatiques et commencer par un projet avec un retour sur investissement rapide, de l’ordre de dix-huit mois. Mais plus nous en discutons, plus de nouvelles idées apparaissent. » La liste des applications envisagées est déjà longue : pointage automatique des salariés, blocage des lots défectueux, préparation semi-automatique et sécurisation des stocks, rationalisation du dialogue avec les fournisseurs… « Nous allons étudier le retour sur investissement envisagé dans chaque cas. »

Un investissement de 500 000 euros

Ce projet, d’un coût total de 500 000 euros, s’intègre dans la stratégie de numérisation du procédé industriel de l’entreprise (200 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1 800 salariés). Baptisée Lauak 4.0, cette stratégie est dotée d’une enveloppe de 1.7 million d’euros et court jusqu’en 2021. Au tracking en temps réel et aux fiches d’instruction numériques, en cours d’installation, s’ajouteront des chariots autonomes (AGV), des cobots, des exosquelettes et un jumeau numérique. « Toutes ces innovations nous permettront à terme, d’améliorer la qualité, de faire de la maintenance prédictive, de l’intelligence artificielle et de la simulation de flux », envisage Cédric Lynam.

 Usine Nouvelle, Gauthier VIROL, le 12 Juillet 2019.